A l’initiative du gouvernement français, un débat public national relatif aux nanotechnologies sera lancé à l’automne 2009. Le ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo, a annoncé ce 4 mars, la saisine de la Commission nationale du débat public (CNDP) "pour la mise en place d’une commission particulière en charge de conduire un débat national portant sur les conditions de développement et de régulation des nanotechnologies". Pas moins de sept ministères ont co-signé cette mission : la santé, la recherche, l’écologie, l’intérieur, l’industrie, le travail mais aussi la défense. Lors du Grenelle de l’environnement, le groupe de travail sur la santé environnementale (au sein duquel siégeait VivAgora) avait proposé l’organisation d’un débat public "sur la maîtrise des risques potentiels liés aux nanomatériaux". La loi Grenelle 1 a retenu cet engagement. Le choix du groupe interservices qui a préparé la saisine a été de ne pas restreindre le champ très vaste des nanotechnologie, de façon à ne pas éluder les questions liées notamment à la convergence entre des technologies informatiques, électroniques, biologiques (usines vivantes ou neurones synthétiques...) ou chimiques.
Une Commission particulière du débat public (CPDP) a été nommée avec à sa tête Jean Bergougnoux. Celle-ci est composée de Patrick Legrand (ancien de l’INRA et membre de la CNDP), Galiène Cohu, Jean-Pierre Chaussade, Isabelle Jarry (romancière) et Jacques Arnould (dominicain).
Il s’agira d’aborder à la fois les enjeux sanitaires et environnementaux liés à des nanoproduits déjà sur le marché (textiles, ciments,verres, cosmétiques, emballages, aliments...) mais aussi d’interroger les usages notamment avec les outils électroniques diffus et invisibles (société de surveillance), les implants corporels (manipulation des comportements), la fabrique d’un monde vivant parallèle de synthèse. Bref on ne se privera pas de s’interroger sur les mondes techniques que les nanos engendrent et les mutations sociales associées : utilité, durabilité, finalité, équité... Le défi reste celui d’impliquer un public laissé à l’écart de ces projets techniques. Les sondages indiquent qu’à peine 5% des gens ont entendu parler des nanos ! Si le temps de l’information n’est pas celui du débat, au moins serait-il bon que l’un ne télescope pas l’autre, sous risque de manipulation.