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Plateau 1 - Financements, contrats, offres, Business models : Comment inciter l’entreprise à une démarche responsable et la valoriser ?
mardi 5 mai 2009
par vivagora
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Laurent Schmitt, vice-président Stratégie & Innovation, d’Alstom Power Management

Les activités d’Alstom sont multiples : énergie, dépollution, capture de CO2, charbon propre… La branche « énergie management » s’intéresse à optimiser les consommations. Un bon exemple de cette activité est la construction d’un nouveau bâtiment intelligent. Je l’ai choisi car il a le mérite de prendre en compte chaque utilisateur et de l’impliquer dans la gestion énergétique de l’ensemble du bâtiment (celui-ci est ainsi responsabilisé). Une vingtaine d’industriels et de PME se sont montrés intéressés et sont donc partenaires aujourd’hui. Cela pose de nombreuses difficultés pour accorder les visions de chacun, en terme d’innovation et de reconnaissance de compétences. De plus être innovant, c’est se projeter dans un environnement dans dix ans, ce que tous les acteurs ne sont pas capables de faire.

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Edouard Macquart-Moulin, directeur de l’entreprise Laboratoires Lilas Blancs

Fondés en 2006, les Laboratoires Lilas Blancs ont pour objectif de réconcilier développement et nature. L’entreprise produit des cosmétiques biologiques et écologiques, principalement des produits « anti-âge ». Si le chiffre d’affaires, en 2008 est de 100 000 euros, l’entreprise mise sur l’innovation produit pour se développer. Les travaux de R&D sont importants et le travail de marketing aussi. Les prix des produits restent légèrement plus élevés que ceux de la concurrence et il est difficile de séduire des financeurs qui attendent une rentabilité à court terme.

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Fabienne Herlaut, présidente du fonds d’investissement Eco-mobilité Partenaires de la SNCF

Eco-mobilité est un fond d’investissement qui propose de soutenir des projets et des idées innovantes sur des services et produits liés à la fonction mobilité connexe à l’activité de la SNCF, mais que celle-ci ne peut pas développer en interne. L’objectif est de favoriser le transport, tout en réduisant les dépenses d’énergie et/ou l’empreinte environnementale de la SNCF. Le fond dispose d’un budget de quinze millions d’euros. Le principal critère d’investissement n’est pas le business plan, mais les hommes et les femmes qui portent les projets. La confiance entre les acteurs est la seule garantie valable pour qu’un travail se mette en place sur le long terme.

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Armand Hatchuel, directeur adjoint du Centre de gestion scientifique de l’Ecole des Mines

La question de l’innovation est centrale à l’Ecole des Mines. La technopole de Sophia Antipolis est née d’une vision du directeur des Mines de l’époque. Un premier constat en matière d’innovation est que plus il y a d’intervenants, plus le processus d’innovation devient difficile. Par exemple, le chemin de fer impliquait tellement de personnes que sa mise en place s’est révélée très difficile, au point que la première ligne s’est faite… à cheval !
Inventer ne s’improvise pas et les processus collectifs pour inventer et développer des innovations susceptibles d’aboutir sont identifiés. Il semble difficile de faire de l’innovation responsable à partir de compromis, de consensus et de modes de décision démocratiques. Et que veut vraiment dire le terme « responsable » ? Il est nécessaire de se méfier des images d’Epinal. La responsabilité renvoie à une valeur (et pas à une contrainte). VivAgora propose par exemple de cibler la qualité de vie ? Mais qui sait ce qu’est cette valeur ? Faut-il faire une norme ?
La valeur elle-même peut devenir un espace d’innovation et de création. Dans les cosmétiques « bio », la dimension « bio » est posée comme une valeur. La valeur doit alors devenir un espace de projection et de débat, être enrichie pour que l’innovation ait lieu. Ce sont les processus mis en œuvre pour l’innovation qui font alors qu’une valeur devient un processus de création loin de tout mécanisme inhibiteur.

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Thierry Sibieude, professeur titulaire de la Chaire Entreprenariat social de l’ESSEC

Deux questions sont apparues : celle de la place de l’individu dans l’innovation et celle de la valeur. Le politique a alors un rôle considérable car il véhicule les valeurs reconnues par la société, et les développe par le discours. Reste à savoir comment mesurer ces valeurs sociales ? La responsabilité réside dans la création de ces valeurs et dans la capacité de rendre des comptes par rapport à cette création. Où se situent les responsabilités individuelles et collectives aujourd’hui ? Comment convaincre les financiers d’investir, les convaincre de l’importance d’une valeur ?

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Discussion avec le public

Armand Hatchuel avance que le rôle du politique n’est pas d’être un inventeur, mais plutôt de faire qu’une valeur devienne un espace d’innovation. La responsabilité doit être vue comme « ouverte » et les jugements qualitatifs sont indispensables, surtout dans l’innovation.
Fabienne Herlaut reconnaît l’importance du jugement et du qualitatif et précise qu’elle ne dispose pas d’indicateurs quantitatifs pour évaluer les projets.
Pour Laurent Schmitt, il est difficile de mobiliser les acteurs, surtout les acteurs publics. Le politique se distingue aussi du régulateur.
Edouard Macquart-Moulin estime que l’innovation concerne les industriels et les ingénieurs et que ces derniers doivent avoir les mains libres pour innover.
Thierry Sibieude souligne la nécessité de procédures collectives pour déterminer les caractéristiques permettant de qualifier de « responsable » une innovation.
Des participants soulignent la difficulté de canaliser des groupes divers de personnes vers un projet innovant, le manque d’aide et de considération pour les inventeurs et le manque de neutralité en terme de valeurs des objets produits par la recherche et l’industrie.
Pour Armand Hatchuel, une action efficace est indissociable d’un système de valeurs. La responsabilité consiste à se poser la question de ces valeurs. Qu’est-ce que la « bonne santé » ? Qu’est-ce que la « bonne science » ? « Bonne » devient alors l’espace d’innovation.

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