L’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset) vient de rendre un Avis, très attendu, relatif aux nanomatériaux et à la sécurité au travail. Fruit d’une saisine de juin 2006 – par la Direction générale de la santé, la Direction de prévention de la pollution et des risques et la Direction générale du travail – ce rapport fait un état des lieux complet de la capacité actuelle à évaluer et à prévenir les risques spécifiques liés aux nanoproduits.
La démarche de l’Afsset s’est heurtée à une frilosité des entreprises concernées à expliciter les réalités de travail et des substances manipulées : seules 16% des industriels ont répondu au questionnaire diffusé. L’analyse des réponses révèle que les équipes exposées sont pour le moins démunies : elles ne disposent pas de moyens de caractérisation des expositions, ni de connaissance complète des effets de nanomatériaux, ni même d’équipements de protection considérés comme fiables.
« Au vu des incertitudes quant aux effets sanitaires des nanoparticules, il est prudent de déclarer les nanoparticules comme niveau de danger inconnu et de les manipuler avec la même prudence que les matières dangereuses », soulignent les quatorze experts qui ont contribué à cet avis.
L’Afsset préconise des principes de « nano-sécurité » parmi lesquels une prévention dite « STOP » pour Substitution, technologie, organisation et protection. Elle considère comme prioritaires le mesurage de l’ambiance des locaux (mais en ayant montré la limite des outils actuels), la traçabilité des informations d’exposition, le suivi médical. Elle reprend ses recommandations de juillet 2006 (rapport précédent sur les nanotechnologies) qui concernent le regroupement à l’échelle nationale des experts « afin d’améliorer le partage des connaissances », ainsi que la création d’une base de données pour « améliorer les connaissances sur les principales utilisations des nanomatériaux ». Elle demande que le recensement des personnels exposés et ma surveillance de leurs conditions de travail soient réalisés.
Enfin, l’Afsset encourage des campagnes d’information et de sensibilisation auprès des entreprises et de laboratoires dont le personnel est exposé. Reste à savoir quelle instance sera mandatée pour la mettre en œuvre une circulation des données voire d’un dialogue nécessaire pour responsabiliser tous les acteurs.
Dans un contexte où l’incertitude ne se réduit pas et où l’information est donnée au compte-gouttes, l’Agence mentionne qu’elle ne dispose pas à ce jour de données relatives à l’exposition des populations riveraines.
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